Une histoire de Françoise Schwers pour vous motiver aussi à vous améliorer.
on mars 22nd, 2012 at 11 h 44 minFrançoise Schwers a 72 ans. Elle et son maris sont les créateurs depuis un an d’un site de développement personnel www.secret-beaute-interieure.com.
Son mari, Jacques, a créé un site de photo http://jacques-ornitho.be.
Pour mon blog » les défis pour l’avenir « , Françoise a bien voulu avoir la gentillesse de répondre à une série de questions sur un « succès » de sa vie. En effet Françoise a traversé une épreuve difficile.
Elle se raconte :
J’écris des articles et des e-books dont le but est de contribuer à améliorer le bien-être et la beauté intérieure de ceux qui les lisent. Ils sont ensuite mis sur notre blog par mon mari. Ce blog a pour titre : Les Secrets de la Beauté Intérieure, pour que votre beauté intérieure se voit à l’extérieur
www.secret-beaute-interieure.com
Notre objectif est de gagner de l’argent en vendant des e-books au profit de l’ASBL « ForceDouce », qui s’occupe d’enfants en difficulté physique ou sociale.
J’ai 72 ans et mon mari 73, nous fêterons nos 50 ans de mariage en décembre de cette année.
Nous avons tous deux une licence en chimie, c’est d’ailleurs à l’université que nous nous sommes connus.
Nous habitons à Bruxelles, en Belgique.
La plus grande partie du temps j’ai fait de la comptabilité entre autres d’une maison de repos et de deux copropriétés. Et j’ai aussi été à l’écoute de mon mari, expert près les tribunaux. J’étais aussi sa correctrice pour ses rapports d’expertises.
Les faits marquants de ma vie
Le fait le plus marquant de ma vie, celui qui a bouleversé toute ma vie, s’est produit à la mi-novembre 1987, j’avais 48 ans.
J’étais depuis l’âge de 5 ans, très mal dans ma peau, en dépression perpétuelle. Je me sentais victime de tout et de tous. J’étais toujours triste. Depuis des années je faisais thérapies et formations pour essayer d’en sortir. J’avais tellement de peurs et de résistances que je n’avançais que très lentement.
Pendant un stage résidentiel de « gestalt thérapie » (huit jours dans les Ardennes belges), nous, les participants avons, entre autres, été soumis à des épreuves physiquement très dures, tout particulièrement pour moi qui ne faisais aucun sport et étais 100% sédentaire.
Première épreuve
Ce jour là, nous avons dû former des sous-groupes de quatre personnes.
Dans le mien: un médecin, un ancien para commando, une femme sportive « bon chic, bon genre » et moi, le contraire d’elle et aussi la plus âgée. Il est 21 heures et nous venons d’être largués sur un chemin forestier, assez loin de la route, sans avoir pu repérer l’itinéraire que la voiture a emprunté, car nous n’avons pas pu regarder par la fenêtre de l’auto.
Nous avons quatre cartes du coin aux dix millièmes, une boussole, deux lampes de poches, de la nourriture et de l’eau. La distance à vol d’oiseau est, paraît-il, de 16 km et nous avons pour toute consigne de rentrer en empruntant la ligne droite, à travers tout.
Nous avons rejoint la route sans problème. La question est quelle est cette route? Aucune indication nulle part, obscurité totale, aucune maison, aucune lumière.
Faut-il aller la prendre à gauche ou à la droite? Après avoir beaucoup discuté, nous choisissons d’aller à gauche et après avoir marché pendant plus d’une heure et n’avoir croisé ni voiture, ni maison, nous faisons demi-tour.
Nous traversons finalement un petit village et pouvons repérer ainsi où nous sommes. Ouf !
Nous avons finalement marché quasi non stop, de 21 h jusqu’à cinq heure du matin.
Marché à travers bois, à travers les prairies clôturées et habitées par des vaches et taureaux heureusement à moitié endormis. Marché à travers tout, traversant des fouillis de branches de sapins fraîchement élaguées dont nous étions prisonniers, traversant voies de chemin de fer et cours d’eau, montant et descendant.
Et même passant tout près de braconniers que nous entendions tirer. Nous avons eu peur de recevoir des plombs dans les fesses.
Contrairement à moi, les trois autres avaient tous l’habitude de faire de l’exercice.
L’autre femme du groupe était entre autre adepte du ski et du tennis. Elle n’arrêtait pas de se plaindre. Moi, celle qui avant de partir avait peur de craquer, je me suis fièrement tue, me contentant de mettre un pas devant l’autre, malgré les douleurs et la fatigue qui m’avaient envahie.
Même l’ancien para était exténué en fin de randonnée. Me savoir capable d’un tel exploit a énormément augmenté mon estime de moi.
Deuxième épreuve
Quelques jours plus tard, nous sommes sensés faire une promenade méditative individuelle.
Il est 10 heures du matin et je pars toute seule en forêt, sans carte ni boussole, ne me fiant, pour m’orienter, qu’au bruit des voitures qui passent sur la route à une centaine de mètres de là et à la position d’un soleil bien faiblard. Je me dis que tant que j’ai ce bruit dans l’oreille gauche, je suis à une distance raisonnable de la route. Il fait très froid, il n’y a pas de vent et le temps était sec. Je suis munie d’eau et d’un pique-nique pour le repas de midi, car je ne pars que pendant 4 heures.
Vers midi, je décide de faire une pause pour manger et de refaire le trajet en sens inverse après m’être restaurée. Je choisis de m’assoir contre un beau grand arbre. Je tourne autour, pour trouver de quel côté le sol est le plus confortable. Et je m’assieds en me disant qu’après avoir mangé, je ferai demi-tour.
Je me restaure donc. Je commence à avoir froid, car le vent s’est levé, le soleil s’est caché et la pluie a commencé à tomber. Brusquement je m’aperçois avec horreur que j’ai perdu tous mes repères. Le bruit de la pluie et le vent qui agite les branches, dissimule complètement le bruit des voitures et le soleil a mis les bouts.
Comme j’ai tourné autour de l’arbre je ne parviens pas à savoir d’où je viens. Je sens mon cœur qui accélère, je suis perdue en plein hiver en pleine forêt ardennaise, personne ne sait vers où j’ai été.
Comment je vais faire ? N’oubliez pas qu’à l’époque (1987), les GSM n’existaient pas et qu’on n’imaginait même pas qu’ils existeraient un jour.
Rester là sans bouger, en m’apitoyant sur moi-même, ne va rien changer, je me mets donc en route, sans savoir vers où je vais. Je suis dans un état de stress total. Je ne sais pas si je m’enfonce plus fort dans la forêt ou si je me rapproche de la route. Je me mets à imaginer qu’on me retrouvera peut-être le lendemain, morte de froid racrapotée (se recroqueviller, verbe belge) au pied d’un arbre ou sous un buisson.
Je marche, je marche, quand tout à coup, deux grandes biches courant l’une à côté de l’autre, jaillissent devant moi, l’une passe à ma gauche, l’autre à ma droite. Et, miracle, elles emportent mes peurs avec elles !!!
Vers cinq heures, j’entends des bruits de scies mécaniques. Ouf, des êtres humains. Mais est-ce un vrai ouf, car je commence à m’imaginer violées par ces hommes.
Trêve de stupidités, une scierie doit normalement être au bord d’une route et s’il y a du bruit, c’est qu’il y a encore au moins une personne et elle pourra surement me dire comment retourner vers où je loge. Je me souviens heureusement du nom du village.
J’apprends alors que tout le chemin que j’ai parcouru m’a éloignée d’au moins sept kilomètres de ma destination.
Maintenant plus question de m’éloigner de la route, mais le problème est qu’il y a beaucoup de circulation sur cette route plongée dans l’obscurité et que, vu la pluie qui tombe, les voitures et les camions m’aspergent d’eau.
D’un côté de la route, c’est la forêt très embroussaillée à cet endroit. J’essaie puis renonce, car impossible de m’y déplacer dans la nuit noire.
De l’autre côté ce ne sont que cultures et friches.
A part l’épuisement, la faim, la soif, l’obscurité et deux embourbements dans de mini marécages, invisibles la nuit, je suis sur le chemin du retour. Dans cette aventure une de mes bottes est restée coincée et je dois plonger le pied dans une gadoue glacée pour parvenir à difficilement la récupérer. Là aussi j’ai très peur de ne pas parvenir à m’en sortir. Et dans l’obscurité je suis invisible de la route qui est à une cinquantaine de mètres de là.
Quand finalement je rentre, personne n’a l’air de s’être inquiété de mon absence, alors que l’heure du repas du soir est largement dépassée. C’est vraiment vexant. Heureusement, il reste des choses à manger.
Ces deux aventures à quelques jours d’intervalle m’ont ouvert la porte de la confiance en moi, de l’estime de moi.
La question qui a transformé ma vie
Le lendemain, lors d’une des sessions, le formateur me pose « la question », celle qui a fait basculer toute ma vie et celle de ma famille.
JVP me demande : « Françoise, de quoi as-tu besoin pour être vraiment heureuse ? »
Je me dis tout de suite que c’est ‘quitter mon mari’, car c’est dans la culture de ce groupe. Puis immédiatement après, je réalise que ‘non ce n’est pas cela’. Je sais au fond de moi que cela n’est pas la bonne solution.
Ne trouvant pas de réponse, je lui dis que je ne peux pas répondre tout de suite, que j’ai besoin de temps. A cela, il me répond : « Heureusement si tu avais répondu tout de suite çà aurait probablement été une mauvaise réponse.
Avant que le stage ne se termine, j’ai découvert ce qu’il était nécessaire que je fasse. Pour pouvoir être heureuse, il était indispensable que je prenne de la distance par rapport à ma mère, une mère par laquelle je me laissais étouffée, qui savait mieux que moi ce que j’aimais, ce que je voulais.
Une mère qui non seulement m’étouffait, mais qui de plus m’empêchait, d’une façon très subtile, moi son enfant unique, de vivre et aussi de communiquer tant avec mon père, que mon mari et mon fils.
Quand je suis rentrée à la maison, j’ai annoncé à mon mari, qui le demandait depuis longtemps, que j’étais finalement d’accord pour déménager. Un mois plus tard nous avons trouvé la maison de nos rêves, bien située, bien agencée, pas trop chère, dans laquelle nous sommes toujours heureux de vivre.
Dès que la décision a été prise, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire, j’ai arrêté d’avoir peur de l’avenir, alors que j’avais vraiment toutes les raisons d’être inquiète car à ce moment-là nous n’avions ni l’un, ni l’autre du travail.
Il s’est installé en moi une certitude, une confiance absolue, que tout allait bien se passer. Je ne dirai pas que je n’avais plus jamais peur, ce serait mentir. Mais, les rares fois où elle montrait son nez, je parvenais à la faire déguerpir en quelques secondes. « Non, va-t-en, je sais que nous nous en sortirons, même si c’est tout à fait fou de quitter maintenant la sécurité du toit maternel et d’acheter une maison. »
Après petit à petit, j’ai commencé à quitter mon statut de victime et à prendre ma vie en main. Ce n’est qu’après le décès de ma mère deux ans plus tard que j’ai vraiment commencé à me libérer.
Si vous même désirez vous sortir d’une vie difficile, que vous désirez construire quelque chose, que vous avez du mal à agir il vous faut évitez de procrastiner. N’attendez pas que tout soit parfait, agissez, lancez-vous, vous pourrez toujours rectifier vos erreurs plus tard.
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